Espoirs et déceptions : la course pour les JO de 2016 「2016年五輪」 

Voici une revue de presse écrite par Adrien Barachino, Amina Dante, Antoine Legastelois et Marion Schustermann.
En prélevant une série d’articles de la presse nationale japonaise, nous avons accouché de cette synthèse qui traite en profondeur de la course pour les Jeux de 2016.
Bonne lecture !

Prologue.

La délibération d’une ville hôte pour les Jeux Olympiques n’est pas une mince affaire et les villes postulant à l’organisation de ces Jeux s’embarquent dans une aventure de longue haleine. Il ne faut pas moins de deux années de dures batailles, de projets et d’estimations en tout genre entre la date officielle de candidature et celle de délibération de la ville d’accueil. Il reste pour cette dernière encore environ 7 années pour réaliser, planifier, construire et organiser l’événement comme il se doit.
Autant le dire, avant que des centaines de millions de spectateurs se ruent sur leur poste de télévision afin d’assister à la finale du 100 mètres homme, la bonne mise en œuvre des Jeux ressemble à tout sauf à une partie de plaisirs.
Pourtant, à chaque cycle de 4 ans, il y a foule à Lausanne où siège le Comité international olympique. Oui, les villes prétendantes à la réception des Jeux se bousculent aux portes du CIO.
N’étant pas dupes, nous nous doutons bien que si tant de villes se laissent charmer par la conquête des Jeux, c’est que les conséquences sont à la mesure de l’événement : gigantesques. Quelle ville négligerait pour le bien de ses habitants les lourdes retombées financières, les améliorations notables de l’aménagement local urbain, la renaissance du sport que provoquent les Jeux Olympiques. Faut-il encore parler de cette aura lumineuse qui perdure au cœur de la ville élue lors des années bissextiles ?
Nous connaissons déjà tous l’issue de cette épopée qu’a été la désignation des 31e Olympiades de 2016. Rio, sur fond de samba, danse dans la joie, les trois autres villes prétendantes, Chicago, Madrid et Tokyo pleurent.
On a tous en tête cette fin de matinée du 7 juillet 2005 où, à Singapour, le CIO a annoncé la victoire de Londres aux J.O de 2012 et dont la majorité des Français que Paris, et derrière elle l’ensemble du pays, croyait fermement remporter. La défaite, est, elle aussi, lourde de conséquence. Sur fond social en berne, le Paris de 2005 pensait pouvoir bercer l’illusion de retrouver son heure de gloire footballistique de 1998 et ses centaines de millier de citoyens réunis sur les Champs Elysée pour fêter d’une seule voix l’événement. Elle ne le fera pas en 2012. Pas plus que Tokyo ne retrouvera sa gloire passée et sa fabuleuse croissance économique des années 60. Pour les Japonais, 1964 est maintenant bien loin, et cette nouvelle déconfiture un certain 2 octobre 2009 à Copenhague n’a fait qu’enterrer cette idée. On l’aura compris, le sport professionnel à l’échelle mondiale est plus qu’un spectacle où des athlètes tentent de dépasser les limites de la mécanique humaine, c’est un enjeu socio-économique sans équivalent au point de réveiller une nation d’un sommeil trop longtemps entamé.
Quels étaient les quatre projets finalistes, leurs atouts ? En quoi Tokyo pouvait-elle se flatter de répondre au mieux aux exigences du CIO ? Pourquoi Rio a-t-il était vainqueur ? Qu’en est-il des coulisses au niveau politiques avec cet Ishihara haut en couleur ?
C’est à l’aide d’une galaxie d’articles triés dans la presse japonaise que cette revue de presse se propose d’apporter des réponses à ces interrogations.

1-A Étude des projets des 4 finalistes.

Parmi les villes qui avaient déposé leur candidature pour organiser les Jeux Olympiques d’été de 2016, l’annonce des quatre villes qui s’opposeront en finale se faisait attendre avec impatience. C’est le 4 juin que le CIO les révèle enfin. Il s’agit de Chicago, la favorite, Madrid, la populaire, Tokyo, l’écologiste, et Rio de Janeiro, la pionnière. Elles avaient toutes préparé de solides et d’excellents dossiers afin de permettre au CIO de faire le meilleur choix, c’est à dire de choisir leur ville. Ils sont bien sûr composés des éléments techniques dont le CIO a besoin, mais leur représentant, étant ambitieux, avaient tous préparé un « bonus » original à l’attention de leurs juges.

Le président du CIO, Jacques Rogge, le 4 juin 2008 à Athènes

D’un point de vue technique, c’était Tokyo qui menait le jeu avec un dossier considéré comme le meilleur. La capitale du Japon a ainsi joué sur son aspect de précurseur en matière d’environnement. Ses plans lient ingénieusement les technologies de pointes et l’utilisation d’énergies renouvelables tout en soulignant son intention d’augmenter le nombre d’arbres bordant les rues et les pelouses dans les cours d’écoles. Niveau financier, elle présente le plus gros budget du monde avec ses 130 millions de dollars. Quant à la surface des infrastructures, en comptant les stades et le village des athlètes, elle s’étend sur un périmètre d’environ 11km.

A sa suite, les plans des trois autres villes candidates ne manquent pas non plus de bons éléments. A Chicago, la répartition des complexes sportifs est compacte ce qui ne pose pas de problème de transports publics, ainsi que pour les athlètes inscrits dont 90% d’entre eux pourront se déplacer du village des athlètes en 15 minutes. Pour ces derniers a également été prévu un stade d’entrainement dans le village. Le dernier grand point positif du plan de Chicago est sa sécurité, qui est mise au point et fonctionne depuis longtemps pour faire face aux menaces terroristes qui pèsent sur la nation.

De la même façon, Rio de Janeiro accentue l’aspect social de son plan en prévoyant de chouchouter ses hôtes que seront les athlètes du monde entier que ce soit par leur confort ou pour pallier à leurs besoins. Pour cela, il met en avant le fait que la Coupe du Monde de Football de 2014 accélèrera la livraison des infrastructures et permettra de profiter d’une expérience notable en matière de grand évènement international. De plus, afin de montrer que le Brésil pense à l’avenir qui l’attend, Carlos Minc, ministre de l’environnement, promet de « réaliser une compétition totalement verte ». Elle se fera à travers quatre domaines : la conservation de l’eau, les énergies renouvelables, une gestion des déchets et des responsabilités sociales, et enfin des Jeux neutres en carbone pour lesquels le 21 septembre dernier, 46 000 arbres ont été plantés.

Rio et Madrid comptent manifestement dans leurs points forts, le soutien de leur population pour l’organisation des Jeux Olympique dans leur ville respective. Le nombre de citoyens favorables dépasse les 80% et atteint les 86% pour l’Espagne entière. De la candidature de cette dernière, les médias retiendront la marée humaine du 27 septembre, composée de quelques centaines de millier de personnes marquant leur enthousiasme. Le premier ministre espagnol, Zapatero, le manifestera face au CIO lors de la visite d’évaluation : « le peuple espagnol, au même titre que les habitants de Madrid et que l’État, au delà des groupes, peuvent collaborer totalement pour les Jeux Olympiques ».

Toutefois, au delà de ces dossiers qui étaient les quatre meilleurs pour le CIO, plusieurs points faibles ont affecté les candidatures.

Officiellement, Tokyo a souffert du manque de soutien populaire, ne s’élevant qu’à 55,5% d’avis favorables, au projet pourtant sans problème apparent. En effet, c’est un point important pour le CIO qui réalise un sondage très sérieux sur ce point dans chaque ville candidate que Madrid n’hésitera pas à mettre en avant lors de la visite d’évaluation. Quant à Rio, elle prévoit les Jeux sur quatre zones, ce qui engendrerait des problèmes de transports qui s’ajouteraient aux problèmes de sécurité importants liés aux favelas. A moindre mal, le CIO avait des incertitudes concernant l’organisation de la Coupe du Monde de Football en 2014, soit deux ans avant les Jeux Olympiques, qui ferait de l’ombre à ces derniers médiatiquement. D’autre part, les mauvais élèves sont Chicago et Madrid. En effet, Chicago est une ville endettée qui de plus est, n’a pas obtenu la garantie financière de l’État en cas de déficit dû aux Jeux. Le CIO retiendra de sa visite, en plus du caractère pécuniaire, que quinze des sites indiqués comme existants restaient à construire et que les transports publics étaient insuffisants. Cependant, Daley, le maire de Chicago déclarait « nous n’avons pas vraiment besoin de fonds, car le plan est d’utiliser une grande partie des installations déjà existantes ». Concernant la deuxième ville, Madrid, le dossier en lui-même avait un problème de précision à propos de la délimitation des rôles pour les responsabilités qui a posé problème au CIO qui a déclaré que cela « présente des défis d’ordre organisationnel et financier ».

A cela s’ajoute la perspective officieuse, de laquelle les médias parlent amplement en terme de rotation des continents. C’est une règle tacite qu’observe le CIO depuis l’après-guerre, en dehors des jeux de Londres en 1948 suivis de ceux d’Helsinki en 1952 malgré le fait qu’elle le nie. Pour l’Asie, il y a eu les JO de Pékin en 2008 faisant de l’ombre à Tokyo. Pour l’Europe, Londres a été choisie pour organiser les JO d’été de 2012, laissant peu d’espoir à Madrid de réaliser son rêve. Pour Chicago, on peut penser que la menace terroriste quelque peu centrée sur les États-Unis a refroidi le CIO de laisser cette ville organiser un tel évènement à caractère international. Enfin, cela faisait partie de ce que Rio a mis en avant pour convaincre le CIO : jamais les Jeux n’avaient été organisés en Amérique du Sud.

Pour finir, les villes « mauvaises élèves » ayant certainement conscience de leurs faiblesses ont usé d’arguments sans rapport avec les intérêts du CIO lors de sa visite d’évaluation. Ces présentations bonus ont été réalisées par des stars du sport telles Michael Jordan, qui bâti l’âge d’or de la NBA au sein des Bulls ou Nadia Comaneci, gymnaste médaillée d’or et surnommée la « petite fée de Montréal » pour la ville de Chicago, capitale américaine du grand pays du sport. Madrid a, pour sa part, voulu insister sur le soutien intergénérationnel dont elle bénéficiait. C’est la responsable de l’organisation des Jeux, Mercedes Coghen, qui s’y appliquera avec sa fille de 12 ans. Elle aussi joueuse de Hockey, affirmera « c’est mon rêve de participer aux Jeux Olympiques que ma mère a organisé ».

1-B Le choix des finalistes.

Depuis avant même la réunion d’Athènes en juin 2008 qui désigna les finalistes de la course aux JO 2016, Chicago était la grande favorite. “Il n’est pas bon pour une ville candidate de faire la course en tête”, a déclaré le directeur exécutif du Comité olympique américain, Jim Scherr. Si la candidate américaine mène pour l’instant la course, c’est notamment le résultat d’une règle tacite d’alternance entre les continents, après l’attribution des éditions 2004 et 2012 à l’Europe (Athènes et Londres), 2008 à l’Asie (Pékin) et 2000 à l’Océanie (Sydney). A l’époque du choix des villes pour les JO 2012, Paris avait finalement échoué devant Londres pour l’organisation des JO de 2012 alors que la messe semblait dite. Mais les défenseurs de la candidature de Tokyo s’inscrivent en faux contre cette logique. “L’Europe a eu les Jeux en 2004 et elle les aura de nouveau en 2012, soit huit ans après. Donc il n’est pas absurde que l’Asie les ait aussi deux fois à huit ans d’intervalle, en 2008 à Pékin et 2016 chez nous”, a déclaré Ichiro Kono, chef de la candidature japonaise.
En regardant les conclusions du rapport d’évaluation des villes candidates rendu en septembre 2009, on s’aperçoit qu’aucun favori n’est clairement identifiable, cependant les notes techniques nous laissent envisager une finale entre Madrid et Tokyo, respectivement 8,1 et 8,3 (Chicago obtient 7,0 et Rio de Janeiro 6,4). Mais avec le choix de Rio comme ville organisatrice, il devient clair que le CIO voulait marquer l’histoire en permettant pour la première fois dans l’histoire en accord avec un des arguments du président Lula qui plaidait pour que, pour la première fois (si l’on excepte Mexico en 1968), les Jeux aient lieu dans un pays du Sud. Au moment où l’on célèbre les pays émergeants, où le G20 s’est substitué au G8, il avait un argument imparable. De même que les Jeux de 2008 sont venus reconnaître l’émergence de la Chine sur la scène mondiale, ceux de 2016 viendront couronner pour la première fois un pays d’Amérique latine et un géant du Sud. Les jeux en Amérique du sud sont aussi un signe de mondialisation et de modernisme de la part du CIO.
Le niveau de violence urbaine au Brésil aurait pu porter préjudice à la candidature de Rio, mais en partant du principe que l’Afrique du Sud a remporté l’organisation de la coupe du monde de foot pour 2010 alors que le niveau de violence urbaine local dépasse largement celui du Brésil, rien n’était impossible. De plus, le Brésil en était à sa 4eme candidature 2000, 2004 et 2012 et un 4eme refus aurait pu être considéré comme un affront, d’autant plus si le choix du CIO s’était porté sur Chicago, alors que les États-Unis ont déjà remporté l’organisation des JO à de multiples reprises (été comme hiver).
Pour ce qui est du mode de vote, ce sont donc les 98 membres du CIO qui vont voter chacun pour une ville. Si la majorité absolue (50% des voix) n’est pas atteinte dès le 1er tour, la ville avec le moins de voix est éliminée mais le classement n’est pas divulgué. Et les membres du CIO votent jusqu’à ce qu’il y ait une majorité absolue. Pour ce qui est du vote pour l’organisation des JO 2016, c’est Chicago qui est sortie au 1er tour avec 18 votes, Tokyo au tour d’après avec 20 votes. Madrid s’est fait éliminé avec uniquement 32 votes contre 66 pour Rio de Janeiro.


1-C Les bonnes notes de Tokyo, ses atouts et défauts.

projet du nouveau stade olympique d\’une capacité de 100 000 places sur la baie de Tokyo

Oui, Tokyo croyait en ses chances d’obtenir les 31e jeux olympiques d’été de 2016.
En mettant en avant son respect de l’environnement, ainsi qu’une organisation bien huilée, elle comptait bien emporter le vote du Comité International Olympique (CIO). Il faut dire que cela n’avait rien d’un rêve illusoire. A quelques semaines de la décision finale du 2 octobre qui a attribué les jeux à Rio, Tokyo, forte de ses arguments de poids, se voyait couvert d’éloges dans le rapport technique effectué par le CIO en raison de son effort écologique. «Nous proposons des Jeux olympiques complètement nouveaux qui sauveront la planète Terre en respectant l’environnement », a même osé déclarer le gouverneur de la capitale japonaise, Shintarô Ishihara, habitué aux coups médiatiques.
D’ailleurs, le fait que la ville de Copenhague héberge à deux mois d’intervalle la désignation de la ville hôte des JO par le CIO, ainsi que le sommet planétaire crucial dans la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre n’était-il pas un signe fort pour Tokyo et les responsables du CIO ? Soulignant la coïncidence, le Préfet de Tokyo, située au cœur de la plus grande agglomération du monde, juge important que les JO participent à la lutte contre le réchauffement climatique.
«Il y a aujourd’hui 470 000 arbres à Tokyo, il y en aura un million en 2016. Nous transformons les cours d’école pour les recouvrir de gazon, ce qui augmentera de 1000 hectares la surface d’espaces verts. Et grâce à notre réglementation stricte sur les gaz d’échappement, l’air de Tokyo est pur», énumère-t-il.

Autre point fort du projet tokyoïte, son budget « raisonnable et réalisable », évalué à 400 milliards de yens, soit 3 milliards d’euros (près de 4 fois moins que ceux de Londres 2012), et salué une fois de plus par les experts du CIO.

Avec de tels atouts dans son dossier, on imaginait déjà une formidable cérémonie d’ouverture dans le nouveau stade de 100 000 personnes en projet au cœur de la ville. En outre, Tokyo ne comptait pas s’arrêter là et avait plus d’un argument en sa faveur. Sa seconde mesure phare, les jeux les « plus compact » de la planète, devaient faire amasser les votes en sa faveur.
En effet, le plan des sites prévus était «le plus compact» des projets candidats et permettait à 70% des athlètes de résider à moins de dix minutes de leur lieu de compétition. La commission du CIO avait d’ailleurs noté « un transport hautement efficace pour la famille olympique et des temps de trajet minimums». A cela s’ajoute le fait que Tokyo s’était engagé à conserver 90% des sites olympiques dans un rayon de huit kilomètres. De plus, 23 des 34 structures nécessaires, dont le vénérable stade olympique des Jeux de 1964, étaient déjà opérationnels.

Tokyo était aussi très bien noté sur la question de la sécurité. Face à Madrid, toujours confronté à des problèmes de terrorisme basque, et Rio, dont le taux de criminalité est effrayant ; Tokyo, qui possède l’un des taux de criminalité les plus faible de la planète, n’avait pas de crainte à se faire à ce sujet.

Mais Tokyo n’était pas pour autant aveuglée par la qualité de son dossier, et sa rivalité avec les trois autres villes finalistes allait être acharnée. La concurrence fut féroce et chacune des villes avait de lourds arguments. Chicago avait son charismatique Président, Madrid, la faveur de l’ancien président du CIO Samaranch et Rio les premiers JO d’Amérique du Sud.
Toutefois, le principal rival de Tokyo restait sans doute l’opinion publique japonaise elle même. A ce titre, Tokyo 2016 a été lourdement critiquée par la commission sur le faible soutien populaire dont elle semblait bénéficier auprès des Japonais. Un sondage commandé par le CIO rapportait que seulement 55% de la population soutenait favorablement cette candidature même si Shintarô Ishihara a assuré que depuis leur visite, ce soutien serait monté à 80,6%.

On pourrait attribuer au seul parc de Kasai Rinkai, situé sur l’un des terre-pleins de la baie de Tokyo, le symbole même de la force et de la faiblesse du projet de Tokyo 2016.
Tokyo souhaitait faire de ce parc de 800 000 mètres carrés, le lieu des épreuves aquatiques dans un cadre soucieux de l’environnement. Ce n’était sans compter les nombreuses soulevées de l’opinion publique Tokyoïtes. La WBSJ, la Ligue pour les Oiseaux nippone, a même présenté une pétition au gouverneur de Tokyo. En effet le parc de Kasai Rikai abrite un vaste refuge d’oiseau et de nombreuses espèces à la niche écologique délicate y vivent. Les riverains, acteurs depuis une vingtaine d’année pour rendre à maturité cet écosystème ont sans doute eu du mal à saisir la signification de « Jeux les plus écologiques » tant employé par les défenseurs du projet de Tokyo 2016.

2-A Le choix porté sur Rio.

Une fois n’est pas coutume. C’est sur la plage de Copacabana ce vendredi 2 octobre que des milliers de Brésiliens se sont dirigés pour fêter la victoire. Et quelle victoire ! A l’instar de Tokyo, qui avait marqué l’histoire en accueillant les premiers Jeux Olympiques sur le continent asiatique en 1964, Rio et le président Lula sont sur le point de marquer l’histoire en faisant de même pour le continent Sud Américain pour 2016.

Toutefois, en attribuant les Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro, le CIO a montré une fois de plus qu’il n’est pas seulement le dépositaire d’un événement sportif. C’est également un acteur géopolitique majeur. Car ce sont bel et bien des arguments géopolitiques qui ont prévalu pour faire de la ville brésilienne l’hôte des Jeux Olympiques de 2016. Techniquement, les quatre dossiers étaient excellents. Chacune des villes candidates aurait mérité d’organiser les Jeux. Ce n’est donc pas sur la capacité des villes à héberger, organiser et accueillir sportifs, journalistes et public que la décision a été prise. Si tel était le cas d’ailleurs, il n’est pas sûr que Rio n’eût pas été légèrement en dessous des dossiers de Madrid et de Tokyo qui ont obtenu respectivement 8,1 et 8,3 en note technique alors que Rio était très en deçà avec 6,4.
Début septembre, le rapport d’évaluation publié ne permettait toujours pas d’entrevoir clairement un favori. Chaque ville candidate avait des arguments de taille et le principal qu’invoquait sans relâche le président Lula était sans équivoque celui de montrer au monde que le Sud était enfin prêt à accueillir les Jeux.
Le Brésil, 10e puissance économique mondiale, et en phase de devenir pour 2016 cinquième du classement, détrônant Le Royaume Uni et peut être même la France. C’est un coup très dur porté à l’histoire occidentale. Cette réalité prouve bien que le Brésil, tout comme l’Inde et évidement la Chine sont en train de déplacer petit à petit le centre de gravité de l’économie mondiale, traditionnellement centrée sur les pays développés du Nord.

“La ville est prête. Donnez-nous cette chance”, a demandé Lula devant les délégués du CIO, dans la matinée du 2 octobre. Un vœu exaucé, à la grande joie du président brésilien. Les larmes aux yeux devant les caméras, il déclare : “tout le Brésil est à la fête”. “Nous organiserons les Jeux les plus extraordinaires que le monde ait connus”, ajoute-t-il. Les déclarations enthousiastes du président Lula montrent à quel point le Brésil tout entier était impliqué dans cette candidature.
Le tandem Lula-Pelé a emporté la décision. Lula est le seul homme politique en exercice à pouvoir rivaliser en popularité internationale avec Obama. Il est lui-même une star internationale : l’équipe formée avec le roi Pelé, le sportif le plus célèbre au niveau mondial, a parfaitement fonctionné. On mesure l’impact politique des JO en constatant que les chefs d’État et de gouvernement des quatre pays candidats étaient présents. Contrairement à ce qui est dit, ce ne sont pas les enjeux économiques qui sont les plus importants. Ils existent, mais c’est surtout la visibilité et le prestige d’être le centre du monde au cours de l’événement le plus médiatisé de la planète qui compte. Barack Obama a subi une défaite qui risque de réjouir ses adversaires politiques sur le plan intérieur. Mais sa marge de manœuvre était étroite. S’il n’allait pas à Copenhague devant le CIO, on l’aurait accusé d’avoir délaissé la candidature de Chicago et d’être responsable de la défaite. En s’y présentant, il l’a vécue en direct. Et même s’il s’est montré beau joueur, cela reste un revers.
Lula, présent au vote à Copenhague, avait fait pression en demandant aux 98 votants de compenser le déséquilibre dont sont victimes, selon lui, les pays émergents. Pour le symbole, il est vrai que la candidature de la ville sud-américaine avait du bon. Mais à vrai dire, dans ce genre de vote, chacun voit des signes là où il veut. La venue de Barack et Michelle Obama allait, selon beaucoup, faire pencher la balance en faveur de Chicago, grand favori. Résultat, la ville de l’Illinois est sortie au premier tour. Tokyo, qui promettait des Jeux écolo en réponse à une des demandes du CIO, passe à la trappe au second tour. Reste Madrid l’espagnole, sur qui peu de monde aurait parié, car selon la règle tacite d’alternance des continents, Londres organisant les Jeux de 2012, Madrid semblait donc condamnée d’avance. Il faut croire que la présence de l’ancien président du CIO Juan Antonio Samaranch a dû peser lourd dans les votes.

Scène de joie à Rio après délibération du CIO le 2 octobre 2009


2-B La décision du CIO et les coulisses de l’après-défaite.

Vendredi 2 Octobre les rumeurs allaient bon train, crédité d’une note technique de 8,3/10 (soit la meilleure note parmi les trois autres villes candidates); Tôkyô était favorite jusqu’à la fin du mois de septembre. Mais dans la deuxième quinzaine du mois les apparitions très médiatiques du président Américain Obama ainsi que de celle de son homologue Brésilien Lula avaient focalisés l’attention de la presse. Beaucoup imaginaient alors une finale entre ces deux grands.

17H40, l’information tombe Chicago est éliminée au premier tour avec 18 voix seulement et Tokyo ne passera pas le deuxième tour avec ses 20 voix. 18H55, avec 25 minutes de retard sur le programme, le CIO désigne par une large majorité Rio de Janeiro la ville qui accueillera les XXXIe Jeux Olympique d’été en 2016.

Première surprise, celle sur qui aucun espoir n’avait été placé, Madrid arrive en finale. Chicago, qui à coup de couteuses campagnes publicitaires et grâce à la venue du très populaire et charismatique Barrack Obama, et avait attiré disait-on l’œil des membre du CIO, est éliminée dès le premier tour. De plus Madrid et Tokyo, les deux villes ayant eu les meilleurs notes techniques échouent quand Rio détentrice de la plus mauvaise note 6,4 remporte la course pour les JO. Sur le carreau, Chicago et Tokyo sont sonnées. Madrid relativise, et accuse le coup, la logique selon laquelle il y a une alternance des continents se vérifie encore une fois.

Coté japonais, la venue du premier ministre Yukio Hatoyama n’était qu’une formalité protocolaire, son soutien quelque peu tardif et résigné était à l’image comme nous l’avons vu de l’état d’esprit du peuple japonais. Ce manque de soutien combiné au peu de chance pour le Tokyo de l’emporter avait mis à mal le moral de la délégation. Néanmoins un facteur supplémentaire est venu perturber les dernières heures avant la décision du CIO: la participation du premier ministre. Comme le montre l’article du Sankei, la rivalité entre Ishihara et Hatoyama n’est pas récente, déjà lorsqu’il était dans l’opposition Hatoyama était un farouche opposant de Ishihara. Ses nouvelles fonctions lui ont donné l’obligation de collaborer avec le préfet de Tokyo. Malgré tout, la présentation de Tokyo dans la même journée et le discours du premier ministre avait quelque peu fâché Ishihara. Point de détail : le costume du premier ministre, noir et cravate dorée en décalage par rapport aux reste de la délégation de couleur mauve a fait dire ceci au Préfet : « Pourquoi le premier ministre s’habille t-il différemment? ». Il est vrai que par exemple Lula et Zapatero avaient joués le jeu. Quoi qu’il en soit, une tension perceptible avait pesé sur la délégation japonaise toute la soirée.

C’est sans conviction que l’ensemble de la délégation prit connaissance du résultat. Déclaré favori quelques semaines plus tôt, le comité olympique japonais avait senti se revirement dans l’opinion publique. Les tractations des délégations américaines et brésiliennes auprès des membre du CIO s’étaient accentuées depuis la mi-septembre. Cette annonce ne fut donc pas un choc comme pour Chicago mais comme la confirmation des craintes de chacun et l’amère sensation d’avoir frôler une victoire jadis acquise à leurs yeux.

Le soir même, dans un hôtel du centre de Copenhague, la délégation japonaise s’est réunie pour une conférence de presse. Le Yomiuri Shimbun retiendra dans ses titres les mots de Shintaro Ishihara, évoquant l’échec du Japon « que ca se soit finit de cette façon, je trouve ca triste, regrettable… ». Ces propos font référence à une autre déclaration du 1er octobre dans laquelle il affirme que si le CIO juge sur des critères technique, le Japon a toutes les chances de l’emporter (article A). Comme nous le verrons cette incompréhension se manifestera par un discours très polémique le lendemain à Tokyo. Mais ce soir là c’est bien le regret qui domine, Ishihara face au question des journalistes refuse de porter le poids de l’échec « je refuse de porter sur la responsabilité de cet échec, mon devoir est de continuer. Comme prévu j’achèverais mon 3eme mandat (Avril 2011) et ne me représenterais pas ». Il se déculpabilisera et déculpabilisera son équipe, l’erreur ne sera pas endossé par la délégation, il ne le dira pas ce soir mais c’est bien le système de décision du CIO qui pour lui doit être remis en cause. La conférence se poursuit, Ishihara affirme qu’il faudra « analyser les causes de la défaite » et « prendre en compte l’avis du peuple japonais », mais que la participation de Tokyo aux JO de 2020 n’est pas à exclure. Cette position plutôt prudente devant la presse contraste très largement avec la réunion de soutien organisé peu de temps avant. En petit comité et avec son groupe de jeunes supporters, Ishihara déclara ceci: « le résultat (tel qu’il est), est regrettable…Je tiens une nouvelle fois a vous remercier, et pensons dorénavant à 2020 ! ».

Deux attitudes, deux tons, l’Homme et le préfet, comment comprendre alors ce qui va suivre si l’on ne comprend pas ce qui habite le préfet de Tokyo. Lors de la réunion de soutien c’est l’homme qui parle, il est devant ses fidèles, pas de jeu politique ici, l’homme est fidèle à lui même, ces Jeux Olympiques il les veut pour sa ville mais également pour lui, le bon dossier de Tokyo, l’avait persuadé que cela pouvait marcher. Shintaro Ishihara est blessé, amer, il déclarera le lendemain « dans le vol de retour, des touristes japonais m’ont applaudis, encouragés à haute voix, j’ai pleuré… ».

La délégation arriva le 4 octobre à Tokyo, ces applaudissements, ce soutien, le conforte dans son idée, ca ne peut être lui et son équipe la cause de cette échec, son projet était le meilleur, mais alors comment expliquer cette élimination ? Ishihara lancera comme il a l’habitude de le faire, une polémique qui fera date.

Le gouverneur de Tokyo Ishihara Shintaro après l’annonce de la défaite

2-C Retour au Japon et polémiques.

1/le discours du 4 octobre.

Le 4 octobre au petit matin, le vol transportant la délégation japonaise atterrit sur les pistes de l’aéroport d’Haneda. Une partie des membres ainsi que le Préfet de Tokyo Shintaro Ishihara ont rendez-vous à Shinjuku au siège de la préfecture de Tokyo pour une conférence très attendue.

Très vite le Préfet Ishihara se sentira dans l’obligation de rendre des comptes face aux assauts des journalistes. Poussé à donner l’explication de l’élimination du Japon la veille; Ishihara qui avait rejeté toute implication dans cet échec explicite davantage ses propos. « l’analyse des causes de la défaite » était pour lui primordial, pourtant cette analyse, le préfet y a déjà murement réfléchi, resté silencieux le 2 octobre il se montrera bien plus bavard dans son fief.

Son ennemi, celui qui empêche sa ville, Tokyo de briller une nouvelle fois; il le montre du doigt dans une déclaration qui fera scandale: « au CIO il y a une logique politicienne invisible à l’œuvre ». Comment interpréter ses propos ? Cette logique politicienne invisible serait-elle une idéologie qui guiderait les votes de chaque membres au dépend de toutes études rationnelles des candidatures ou dénonce t-il peut être un système de réseaux d’influence voire même peut être de corruption qui minerait le CIO ?

Dans un premier temps, on serait davantage tenté par la deuxième proposition. En effet, Ishihara dénonce ouvertement le soutien du président Sarkozy à son homologue brésilien Lula. La visite du Président français au Brésil durant l’été et la signature de nombreux contrats dont celui de l’invendable Rafale peut rendre perplexe n’importe qui. Sachant également que ce contrat restait encore en négociation le 2 octobre, il est plus qu’évident que les sommes en jeu et la question du prestige de l’industrie d’armement française aurait largement justifié un soutien de la France (au dépend de la préférence européenne).

Mais Ishihara ne s’arrête pas là, il enfonce le clou en affirmant avoir entendu certaines rumeurs selon lesquelles le Président Lula aurait fait « des promesses osées ». Comment interpréter ce propos ? Première supposition, il peut s’agir ni plus ni moins d’une affaire de corruption mais tout cela est peu probable. Deuxième supposition, la plus juste peut être; Lula vient voir la cinquantaine de membres africains pour proposer un pacte « sud-sud », c’est à dire de jouer sur la fibre tiers mondiste de certains membres africains. Le Brésil, un pays en voie de développement, pillé durant des siècles par des décideurs occidentaux et qui aujourd’hui, se retrouve en compétition directe face à eux ne peut qu’attirer la sympathie de certains membres.

Devant la faiblesse du dossier technique, on comprend la nécessité pour Rio de devoir s’appuyer sur ce point. Dans la lignée de la coupe du monde de football en Afrique du Sud, Lula était peut-être venu leur promettre que ses JO rendront hommage au tiers monde et prouveront qu’il est possible comme à Paris, Londres ou Moscou d’organiser de beaux jeux. Lula est un homme très impliqué dans un front « anti-américain » auprès de Chavez en Amérique du Sud, le fait que ce conflit s’exporte jusqu’au CIO peut écœurer Tokyo, elle qui s’est battue avec des armes bien plus conventionnelles. Mais Ishihara était-il vraiment dupe ? En tout cas il dira regretté que le gouvernement japonais n’ait pas utilisé ses aides au développement comme effet levier.

Pour finir, Ishihara confirme la première théorie selon laquelle cette logique serait en fait une idéologie, il dit ceci: « Le président du CIO, Jacques Rogge ne désirait-il pas simplement marquer l’Histoire…? ». En effet on peut se demandé si à l’intérieur du CIO il n’existerait pas outre les principes dictés par la charte, une intention politicienne qui guiderait la décision des membres du comité. Ainsi on la vu avec les JO de Berlin en 1936, Moscou en 1980 et Pékin en 2008 qu’il y a toujours une volonté politique derrière les choix du CIO; la volonté d’accompagner l’Histoire. Ainsi on peut donner raison au préfet de Tokyo; le choix de Rio de Janeiro s’est fait au détriment de la qualité des dossiers.
En vérité Shintaro Ishihara n’a pas tort, il ne fait que dire très haut ce qui se dit très bas. D’ailleurs le 30 octobre un membre de la délégation madrilène Jose Odrioloza déclarait ceci: « la candidature de Rio est la pire des quatre » et Richard Diley le maire de Chicago doutait des capacités du brésil a assurer les Jeux.

2/la polémique.

Après les accusations du préfet de Tokyo, Shintaro Ishihara, lâchées sans plus de précisions, ni d’argumentations pour les appuyer, s’enchaîne un échange par médias interposés. Le 5 octobre, le comité de candidature de Rio de Janeiro annonce qu’il porte plainte auprès du CIO car Tokyo a violé une des règles que les villes candidates doivent respecter afin de garder un esprit fairplay indispensable dans le monde du Sport, et donc celui des Jeux Olympiques. Elles doivent donc garder la ligne de conduite suivante : s’abstenir de commentaires qui pourraient nuire à l’image des autres villes candidates. Le 6 octobre, le consultant du comité brésilien, Mike Leigh, a tout de même ajouté qu’en plus de la plainte, « il serait préférable qu’Ishihara présente ses excuses » car sa déclaration était, au delà de cette règle du CIO, « aussi inappropriée qu’inélégante ».

Ishihara a manifestement transgressé ce principe, agissant en mauvais perdant et en affichant aucun regret concernant ses propos qui ne sont que le fruit de son amertume face à une défaite qu’il considère comme personnelle. A contrario, il ne s’en sent pas responsable le moins du monde et déclare qu’il « refuse de porter sur lui la responsabilité de cet échec ». Ainsi, Ishihara va se mettre à dos des représentants importants de plusieurs pays et même du sien, sans qu’il ne ressente quelque embarras. On a l’habitude d’un préfet qui aime les déclarations offensives et qui se préoccupe peu de l’éthique ou encore de l’état dans lequel il laissera les relations diplomatiques derrière lui, mais il semblerait qu’il soit temps qu’il pense à sa retraite, qu’il a lui même évoqué pour la fin de son troisième mandat.

Pour Rio et Mike Leigh, la réponse sera : « Rio a officiellement gagné en concourant honnêtement. Au vote décisif, nous avons gagné contre Madrid à 66 voix contre 32, il est clair que nous avions la meilleure organisation! Le Brésil est un pays fort qui a une grande dignité et fierté, les déclarations de monsieur Ishihara sont vécues ici comme un véritable affront ». La force des mots sont parlants, le comportement d’Ishihara sur cette affaire est clairement infantile et anti-professionnelle, le journal Sankei ira jusqu’à employer le terme de « gâteux » pour qualifier le désormais célèbre préfet de Tokyo.

Naturellement, celui-ci ne fait pas qu’indisposer les pays étrangers par ses propos, mais également ceux qui l’ont soutenu lors de la campagne d’organisation. Notamment au sein du siège d’organisation de la capitale de Tokyo, qui affirme : « Nous l’avons appris par les médias, nous ne pouvons pas vérifier sur quelle parole s’appuie cette critique (d’Ishihara). Nous souhaitons rassembler des informations ». Face à cette situation délicate, le vice président du CIO, Chiharu Igaya s’exprimera dans le but de calmer les esprits, mais surtout, on peut le penser, destiné à Ishihara lui-même : « Moi aussi j’aimerais dire de nombreuses choses, mais à présent, je me dois au silence. Si je ne le fais pas, cela influencera les prochaines organisations. Maintenant, il faut que nous agissions en bons perdants ». Les voilà donc à jouer le rôle de parents qui doivent jongler avec les erreurs de leur enfant agissant de façon égocentrique. Cependant, est-ce avec ce professionnalisme exemplaire qu’Ishihara cessera enfin d’agir uniquement dans le but de satisfaire sa personne?

Épilogue: la perspective de 2O2O.

La déclaration d’Ishihara à propos d’un nouvelle candidature de Tokyo en 2020 fut il est vrai assez timide le 2 octobre. Le lendemain nous l’avons vu le préfet de Tokyo n’a pas hésité à affirmer que pour sa part rien n’empêchait Tokyo d’être une ville candidate au Comité Olympique Japonais, mais que bien sur ce point il mettait en avant la volonté du peuple japonais d’accueillir les Jeux. Le 12 novembre le Yomiuri Shimbun nous faisait part des propos de Ishihara datant du 10: « on peut pensé que cette décision est arbitraire mais elle ne l’est pas. Il est essentiel que je révèle maintenant la candidature de Tokyo, après tout ce sera a mon successeur d’en décider non ?! ». Ishihara achèvera normalement son mandat, au printemps 2011, il veut que le temps qu’il lui reste serve à pousser la candidature de Tokyo. C’est donc avant tout une décision personnelle et c’est en ce sens que Ishihara sera critiqué.

Un cadre de la Préfecture de cache pas sa surprise, « Bien que nous n’aillons pas encore fait de rapport sur l’échec de 2016, Ishihara donne le départ pour 2020 ». Un foyer de contestation gagne de plus en plus les responsable de Tokyo. Les représentants siégeant à la préfecture ne se cache plus, au PLD comme dans l’opposition un certain agacement domine devant l’agitation de l’hyperactif préfet de Tokyo. Shigeru Isamu (PLD) dit « comprendre les déclarations d’Ishihara », mais préconise d’être prudent. Noboru Osawa (PDJ) dit ceci « Bruler les étapes alors que la synthèse de la défaite de 2016 n’a pas encore été faite est très nous met dans une position très inconfortable. ». Yoshio Nakajima (Kômeitô) réagit : « le soutient du peuple sera jusqu’au bout un pré-requis important. ». Enfin Nobuo Yoshida (communiste) conclu par ceci: « Il ne faut pas que les JO nous coute les yeux de la tête… »

Ce n’était qu’une rumeur en Octobre, confirmé en Novembre, les candidatures de Nagasaki et Hiroshima vont devenir de plus en plus sérieuses au fil du temps, le maire de Nagasaki Tomihisa Taue et le maire de Hiroshima Tadatoshi Akiba ont lancés le projet de présenter devant le COJ une candidature conjointe. Cette candidature propose un projet à l’opposé de Tokyo, ce n’est pas une candidature technique comme Tokyo l’avait fait avec ses jeux écologiques. Non, Hiroshima et Nagasaki: les deux seules villes au monde ayant subis les ravages de la bombe atomique proposent des jeux pour la paix, un projet original qui aurait pu plaire au CIO si le 25 décembre derniers Tsuneyoshi Takeda le président du COJ n’avait rejeté avec regret cette candidature conjointe. Ce dernier invoque un beau projet mais une incompatibilité avec la charte du CIO, qui interdit à deux villes de s’unir pour une candidature. Quoi qu’il en soit Hiroshima s’est dite prête à proposer une candidature seule. Quand à Tokyo elle reste la ville avec pour l’instant le projet le plus sérieux. Takeda n’est pas prêt à donner au CIO une ville candidate avant le Printemps 2011, date qui coïncide avec la fin du mandat du préfet de Tokyo, il est sure que les mois à venir seront riche en rebondissements.

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